Filtrer une eau trouble en randonnée (et éviter de boucher son filtre)
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Filtrer une eau trouble en randonnée
La plupart du temps, on puise dans une eau claire et le traitement habituel suffit. Mais il arrive de n’avoir le choix qu’entre une eau chargée de particules, après une pluie, dans un torrent brassé ou une mare. Cette eau trouble pose deux problèmes spécifiques qu’il faut savoir gérer, sinon on abîme son matériel ou on tombe en panne de solution.
Préfiltrer avant de traiter
Une eau pleine de particules bouche un filtre en un rien de temps et gêne le traitement. Le réflexe, c’est de préfiltrer pour retirer le plus gros avant de filtrer ou de traiter pour de bon. Plusieurs méthodes simples : verser l’eau à travers un bout de tissu propre (un buff fait l’affaire), utiliser un préfiltre si votre système en a un, ou tout simplement laisser décanter l’eau dans une bouteille le temps que les particules tombent au fond, puis transvaser doucement le dessus. On traite ensuite une eau débarrassée de l’essentiel, ce qui protège le filtre et améliore l’efficacité.
Quand le filtre se bouche ou gèle
Le filtre à fibres creuses, si pratique, a deux ennemis. La boue et les sédiments le colmatent : son débit chute, et à force il devient inutilisable. Le préfiltrage limite ça, et la plupart des filtres se rétro-lavent (on inverse le sens de l’eau) pour retrouver du débit. L’autre ennemi est plus sournois : le gel. Si l’eau restée dans le filtre gèle, elle peut fissurer les fibres de l’intérieur, sans que ça se voie, et le filtre ne retient alors plus rien tout en paraissant intact. En conditions froides, on garde donc le filtre au chaud, près du corps ou dans le sac de couchage la nuit, et on le purge bien après usage.
Toujours une solution de secours
C’est pour ces cas-là qu’on ne part jamais avec un seul moyen de traitement. Quelques pastilles au fond de la trousse ne pèsent rien et sauvent la mise quand le filtre est bouché, gelé ou hors d’usage. Et l’ébullition reste la solution ultime sur une eau dont on doute : elle ne se bouche pas et ne gèle pas. Avoir deux méthodes, c’est ne jamais se retrouver sans eau potable.
La fois où le filtre m’a lâché. Un matin de gel, le filtre ne débitait plus, et pour cause : l’eau dedans avait gelé pendant la nuit, laissée bêtement dehors. Sans les pastilles de secours, j’étais coincé. Depuis, par froid, le filtre dort avec moi dans le sac de couchage, et les pastilles ne quittent jamais la trousse. Une seule méthode de traitement, c’est une méthode de trop peu.
Deux questions qui reviennent
Comment traiter une eau trouble ? On préfiltre d’abord (tissu, préfiltre ou décantation) pour retirer les particules, puis on filtre ou on traite normalement. Préfiltrer protège aussi le filtre du colmatage.
Un filtre qui a gelé est-il encore sûr ? Non, le gel peut fissurer les fibres sans que ça se voie, et le filtre ne retient alors plus les microbes. On évite absolument de le laisser geler ; dans le doute, on passe aux pastilles ou à l’ébullition.
Ces cas particuliers complètent les bases de trouver et traiter l’eau. Côté préparation, Noma compte l’eau dans le poids du sac. Préparez votre sortie sur Noma.