Combien de gaz prévoir en randonnée ?

Par Simon Briquet-Loggia, Fondateur de Noma Publié le 19 juin 2026
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Combien de gaz prévoir en randonnée ?

Le gaz, ça se calcule, ça ne se devine pas, et c’est tant mieux parce que tomber à sec le dernier soir n’a rien d’agréable. Le point de départ est simple : un réchaud à gaz classique consomme à peu près 15 grammes de gaz pour faire bouillir un litre d’eau. Une petite cartouche de 110 grammes vous donne donc autour de 7 litres d’eau chaude, une grande de 230 grammes environ 15 litres. À partir de là, tout se joue sur deux choses : combien de litres vous allez réellement chauffer, et la marge à prendre.

Compter en litres, pas en repas

Le piège, c’est de raisonner «en repas» de façon vague. Raisonnez plutôt en litres d’eau à porter à ébullition. Un plat lyophilisé, une soupe, un thé du matin, chacun demande grosso modo un demi-litre. Faites le total sur la durée, multipliez par 15 grammes, et vous avez votre besoin théorique. Pour trois jours avec deux repas chauds quotidiens plus un thé le matin, on tourne autour de 4 à 5 litres, soit environ 70 grammes de gaz en conditions idéales.

Pourquoi ajouter une marge

Parce que les conditions idéales, sur le terrain, n’existent presque jamais, et les chiffres des fabricants sont mesurés en laboratoire, sans vent ni froid. Trois facteurs creusent votre consommation, et il faut comprendre pourquoi. Le froid d’abord : le gaz perd de la pression quand il refroidit, la flamme faiblit, et l’eau met plus de temps à bouillir, donc brûle plus de gaz. L’altitude joue dans le même sens. Le vent, enfin, est le pire ennemi : il disperse la chaleur avant qu’elle n’atteigne la casserole et peut littéralement doubler votre consommation. Sur les chiffres théoriques, ajoutez donc une marge confortable, et souvenez-vous qu’une cartouche déjà entamée n’est jamais pleine. Sans la peser, vous ne savez pas ce qu’il reste.

Le réflexe qui économise une cartouche. Un simple pare-vent autour de la flamme change tout, parce que le vent est le premier gaspilleur. Et par grand froid, on garde la cartouche au chaud près du corps avant de cuisiner : une cartouche tiède s’allume mieux et tient mieux la flamme qu’une cartouche glacée.

La sécurité, qui ne se négocie pas

Une règle ne souffre aucune exception : on ne cuisine jamais dans une tente fermée. Un réchaud allumé en espace confiné dégage du monoxyde de carbone, un gaz invisible, inodore et mortel qui endort avant de tuer. On cuisine dehors ou sous un auvent bien ventilé, sur un sol stable, à l’abri du vent mais jamais à l’abri de l’air. La chaleur d’un repas ne vaut jamais ce risque.

Deux questions qui reviennent

Combien de gaz pour une semaine ? Comptez vos litres d’eau à bouillir (environ un demi-litre par plat ou boisson chaude), multipliez par 15 grammes, puis ajoutez une marge pour le froid et le vent. Une grande cartouche de 230 g couvre confortablement plusieurs jours par temps clément.

Une cartouche entamée, il reste combien ? Impossible à deviner à l’oreille. Pesez-la : le poids affiché moins la tare (cartouche vide) vous donne le gaz restant.


Estimer son gaz fait partie de la gestion de l’autonomie, au même titre que l’eau et la nourriture. Dans Noma, le gaz est suivi par rapport à votre cartouche et compte dans le poids du sac qui s’allège au fil des jours. Planifiez votre sortie sur Noma.

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Simon Briquet-Loggia

Fondateur de Noma

Simon Briquet-Loggia est le fondateur de Noma. Il randonne depuis une dizaine d'années, des longues sorties en Île-de-France aux treks en itinérance en Auvergne, et a roulé sa bosse plus loin : Asie du Sud, trek en Amazonie, road trips en Amérique du Nord. Il a créé Noma parce que les applis de préparation ne parlent que de matériel, alors que l'eau, les rations et le gaz font tout autant l'autonomie.