Traiter l'eau en randonnée : filtre, pastilles, UV ou ébullition ?

Par Simon Briquet-Loggia, Fondateur de Noma Publié le 23 juin 2026
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Traiter l’eau en randonnée

La première chose à se mettre en tête, c’est qu’une eau claire n’est pas une eau potable. Et pour comprendre pourquoi, il suffit de penser à ce qu’il y a en amont, hors de votre vue. Quelques centaines de mètres plus haut, un troupeau de moutons traverse peut-être le ruisseau, une marmotte y laisse ses déjections, ou une bête est morte dans l’eau sans que personne ne le sache. C’est de là que viennent la giardia et le cryptosporidium, des parasites d’origine animale qui se logent dans les intestins et peuvent vous clouer plusieurs jours. L’altitude n’y change rien : là où il y a des animaux, et il y en a presque partout, l’eau peut être contaminée, limpide ou pas. En autonomie, on traite donc systématiquement ce qu’on puise. Reste à choisir comment, et là il n’y a pas de méthode reine : tout dépend de la situation.

Le traitement commence d’ailleurs avant le traitement. Là où vous puisez change beaucoup de choses. Une eau qui court vaut mieux qu’une eau qui stagne, et on remonte toujours un peu en amont des troupeaux et des sentiers fréquentés. Moins l’eau est chargée au départ, plus ce qui suit est fiable. Un bon point de prélèvement, c’est déjà la moitié du travail (j’y reviens dans trouver de l’eau en autonomie).

Comment la traiter, concrètement

Sur le terrain, trois méthodes couvrent l’immense majorité des situations.

Le filtre à fibres creuses, autour de 0,1 micron, retient les bactéries et les parasites comme la giardia et le cryptosporidium. Il ne fait pas les virus, mais sous nos latitudes ce n’est pas le souci principal. Son gros avantage, c’est qu’on boit tout de suite, à la source, sans attendre. Ses limites : il peut geler et se fissurer l’hiver, et se colmater sur une eau chargée.

Les pastilles de purification sont minuscules et ne tombent jamais en panne, ce qui en fait le secours idéal. Comptez en général une demi-heure d’attente avant de boire. Attention à une nuance qu’on oublie souvent : les pastilles à base d’iode ou de chlore simple ne viennent pas à bout du cryptosporidium ; il faut des pastilles plus complètes (type Micropur Forte) pour tout couvrir. Lisez l’étiquette.

L’ébullition, enfin, reste la plus sûre quand vous avez un vrai doute : une minute à gros bouillons, trois au-dessus de 2000 mètres d’altitude. Ça coûte du gaz et du temps, mais ça ne trompe jamais.

Il existe aussi des stylos UV, qui neutralisent les micro-organismes en une cinquantaine de secondes. Sur le papier c’est séduisant, mais peu de randonneurs les adoptent vraiment : ça dépend d’une pile, ça ne marche que sur une eau déjà claire, et c’est un objet de plus à gérer. Dans les faits, l’écrasante majorité s’en tient au filtre et aux pastilles.

Ce que je fais en pratique. Un filtre pour boire à la source au quotidien, et quelques pastilles au fond de la trousse. Le jour où le filtre gèle ou se colmate, on n’est jamais à court de solution. C’est la ceinture et les bretelles, et ça ne pèse rien.

Si l’eau est trouble

Une eau chargée de particules bouche le filtre et gêne l’UV. On préfiltre d’abord : un bout de tissu propre, un préfiltre, ou simplement laisser décanter dans une bouteille avant de transvaser. On traite ensuite une eau débarrassée du plus gros.

Deux questions qui reviennent

Peut-on boire l’eau d’un ruisseau de montagne ? Pas sans la traiter, même limpide et même en altitude. Vous ne voyez pas ce qu’il y a en amont : un troupeau qui traverse, des déjections, parfois une carcasse dans l’eau. C’est de là que viennent les parasites, et ça ne se lit pas à la transparence.

Faut-il toujours le filtre ET les pastilles ? Pas obligatoirement, mais avoir une méthode de secours change la donne le jour où la principale lâche. C’est le genre de redondance qui ne coûte presque rien.

Repères de terrain, pas un avis médical : en cas de doute sanitaire ou de symptômes, consultez un professionnel.


Traiter son eau, c’est un volet de l’autonomie ; l’autre, c’est ne pas en porter trois litres pour rien, et savoir combien en prévoir par jour. Côté sac, Noma intègre l’eau et les rations dans le poids total et suit votre autonomie. Préparez votre sortie sur Noma.

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Simon Briquet-Loggia

Fondateur de Noma

Simon Briquet-Loggia est le fondateur de Noma. Il randonne depuis une dizaine d'années, des longues sorties en Île-de-France aux treks en itinérance en Auvergne, et a roulé sa bosse plus loin : Asie du Sud, trek en Amazonie, road trips en Amérique du Nord. Il a créé Noma parce que les applis de préparation ne parlent que de matériel, alors que l'eau, les rations et le gaz font tout autant l'autonomie.