Gérer ses déchets en randonnée : le principe Leave No Trace

Par Simon Briquet-Loggia, Fondateur de Noma Publié le 30 juillet 2026
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Gérer ses déchets en randonnée

On va en montagne pour la beauté des lieux, donc la moindre des choses est de les laisser intacts pour ceux qui viennent après, et pour la nature elle-même. C’est tout l’esprit du principe Leave No Trace, «ne laisser aucune trace» : passer sans qu’on puisse deviner qu’on est passé. Quelques gestes simples suffisent, et ils tiennent surtout à un état d’esprit.

Tout ce qui rentre, ressort

La règle de base est limpide : tout ce que vous emportez, vous le remportez, déchets compris. Emballages, restes, mais aussi ce qu’on croit anodin : les épluchures, les trognons, les peaux de fruits ne sont pas «naturels» au sens où on l’entend. Une peau d’orange met des années à se décomposer en montagne, attire les animaux et les habitue à l’homme, et fait tache pour les suivants. On prévoit donc un petit sac dédié aux déchets, et il redescend plein. Le mouchoir en papier, le bout de ficelle, le morceau d’emballage envolé : rien ne reste.

Protéger l’eau et faire ses besoins proprement

L’eau, dont dépendent les randonneurs et la faune, mérite une attention particulière. On ne se lave pas et on ne lave pas sa vaisselle directement dans un ruisseau ou un lac, et on n’y met pas de savon, même biodégradable : on s’éloigne du point d’eau pour rejeter les eaux usées dans le sol, qui filtre. Pour les besoins naturels, même logique : on s’éloigne nettement de tout point d’eau, des sentiers et des lieux de bivouac, on enterre ses excréments dans un petit trou, et on remporte le papier toilette dans son sac à déchets plutôt que de le laisser ou de le brûler. Ces gestes évitent de contaminer l’eau que d’autres traiteront pour la boire.

Laisser l’endroit comme on l’a trouvé

Au-delà des déchets, l’esprit Leave No Trace, c’est de minimiser son empreinte. On bivouaque sur un sol déjà nu plutôt que sur une prairie fragile, on ne fait pas de feu là où c’est interdit ou risqué, on ne cueille pas, on ne grave rien, on ne dérange pas la faune. L’objectif est qu’après votre départ, le lieu soit exactement comme avant votre arrivée. C’est aussi ce qui justifie que le bivouac reste toléré : le jour où les marcheurs laissent des traces, les interdictions tombent pour tout le monde.

Le réflexe que je trouve le plus parlant. Avant de quitter un emplacement de pause ou de bivouac, je fais un dernier tour des yeux au ras du sol, comme si je cherchais quelque chose que j’aurais perdu. C’est fou ce qu’on retrouve : un coin d’emballage, un bout de ficelle, une miette de papier. Trente secondes, et l’endroit repart vierge. Si chacun le faisait, la montagne resterait ce qu’on est venu y chercher.

Deux questions qui reviennent

Peut-on laisser les déchets organiques (épluchures, trognons) ? Non. Ils mettent longtemps à se décomposer en montagne, attirent les animaux et dénaturent les lieux. On remporte tout, organique compris.

Peut-on utiliser du savon en pleine nature ? Même biodégradable, on ne l’utilise pas dans l’eau. On s’éloigne du point d’eau et on rejette les eaux usées dans le sol, qui les filtre, pour ne pas contaminer ruisseaux et lacs.


Bien gérer ses déchets, c’est respecter les lieux et préserver le droit d’y dormir, comme le rappelle la réglementation du bivouac. Pour le tableau d’ensemble, voyez comment préparer une randonnée. Noma vous aide à monter votre aventure. Commencez sur Noma.

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Simon Briquet-Loggia

Fondateur de Noma

Simon Briquet-Loggia est le fondateur de Noma. Il randonne depuis une dizaine d'années, des longues sorties en Île-de-France aux treks en itinérance en Auvergne, et a roulé sa bosse plus loin : Asie du Sud, trek en Amazonie, road trips en Amérique du Nord. Il a créé Noma parce que les applis de préparation ne parlent que de matériel, alors que l'eau, les rations et le gaz font tout autant l'autonomie.