Les cotations en randonnée : comprendre l'échelle T1 à T6

Par Simon Briquet-Loggia, Fondateur de Noma Publié le 17 juillet 2026
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Les cotations en randonnée : comprendre l’échelle T1 à T6

Quand une fiche annonce «facile», «moyen» ou «difficile», ça ne veut pas dire grand-chose tant qu’on ne sait pas qui a noté, et selon quels critères. C’est justement pour sortir de ce flou qu’existe une échelle plus précise, la plus répandue en Europe : celle du Club Alpin Suisse, qui va de T1 à T6. Elle décrit la difficulté technique du terrain, c’est-à-dire ce que vos pieds et vos mains vont rencontrer, indépendamment de la longueur de la sortie.

L’échelle T1 à T6

Chaque niveau décrit un type de terrain, du chemin tranquille à la course quasi alpine.

NiveauType de terrain
T1Randonnée. Sentier bien tracé, plat ou en faible pente, pas de risque de chute.
T2Randonnée en montagne. Sentier continu, terrain parfois raide, une chute n’est plus exclue.
T3Randonnée en montagne exigeante. Sentier pas toujours visible, passages exposés parfois équipés de cordes ou de chaînes, on s’aide des mains pour l’équilibre.
T4Randonnée alpine. Des passages sans trace, les mains deviennent nécessaires, zones exposées.
T5Randonnée alpine exigeante. Souvent hors sentier, terrain raide mêlé de rocher, quelques pas d’escalade facile.
T6Randonnée alpine difficile. La plupart du temps hors trace, passages d’escalade.

Pour un débutant, l’essentiel se joue entre T1 et T3. Au-delà, on entre dans un terrain qui demande de l’expérience, parfois du matériel, et où le mot «randonnée» commence à être trompeur.

Le piège : la cotation ne mesure pas l’effort

Voilà le point que presque personne ne vous dit, et qui surprend même des gens aguerris. La cotation T décrit la technicité, pas la fatigue. Une sortie cotée T2, donc «facile» techniquement, peut être un mur si elle fait trente kilomètres avec deux mille mètres de dénivelé. À l’inverse, une T4 courte peut se faire en une matinée sans vous mettre sur les genoux, même si elle demande de l’engagement.

Autrement dit, la cotation vous dit si le terrain est à votre portée, pas si la journée le sera. Pour l’effort, c’est le dénivelé et la distance qu’il faut regarder, et c’est en croisant les deux que vous obtenez le vrai portrait de la sortie. Regarder le T sans regarder le D+, ou l’inverse, c’est ne voir que la moitié du tableau.

Ce qui m’a fait comprendre. La première fois qu’on se fait surprendre, c’est presque toujours sur une «facile» longue et roulante qu’on avait sous-estimée, pas sur une «difficile» qu’on avait respectée. On se méfie de ce qui fait peur ; on se fait avoir par ce qui rassure.

Et les cotations françaises ?

En France, vous croiserez aussi d’autres repères. La FFRandonnée classe ses itinéraires par niveau et par couleur, sur des critères proches. Beaucoup de topos affichent désormais un indice d’effort, comme l’IBP, qui tente justement de chiffrer la fatigue à partir de la distance, du dénivelé et du terrain. C’est utile, mais ça reste une estimation : aucun indice ne connaît votre forme du jour ni le poids de votre sac.

Deux questions qui reviennent

Que veut dire T3 en randonnée ? Une randonnée en montagne exigeante : sentier pas toujours net, quelques passages exposés où l’on s’aide des mains. C’est souvent la limite haute du randonneur sans expérience alpine.

Une rando facile peut-elle être épuisante ? Tout à fait. La cotation note la technicité du terrain, pas l’effort. Une T1 ou T2 très longue, avec beaucoup de dénivelé, demande une vraie caisse.


La cotation est un filtre, pas une boussole : elle écarte ce qui vous dépasse techniquement, mais c’est en la croisant avec le dénivelé et votre forme que vous choisissez une sortie à votre portée. Au moment de planifier, Noma vous aide à monter l’aventure et la liste qui va avec. Commencez sur Noma.

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Simon Briquet-Loggia

Fondateur de Noma

Simon Briquet-Loggia est le fondateur de Noma. Il randonne depuis une dizaine d'années, des longues sorties en Île-de-France aux treks en itinérance en Auvergne, et a roulé sa bosse plus loin : Asie du Sud, trek en Amazonie, road trips en Amérique du Nord. Il a créé Noma parce que les applis de préparation ne parlent que de matériel, alors que l'eau, les rations et le gaz font tout autant l'autonomie.